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Matin vert – chapitre II

Le débat entre les 2 a été des plus réjouissants et s’est conclu par le départ précoce de notre nouvel ami après qu’Edith lui ait fait remarquer qu’il portait des chaussures en cuir. Ensuite nous ne sommes plus quittés et nous vivons ensemble depuis 5 ans.

(Lien vers le chapitre I)

J’ai connu Edith il y a presque 6 ans maintenant lors d’une soirée chez des amis communs. La réception se déroulait tranquillement, les sujets qui fâchent étaient laissés de côté et une bonne humeur courtoise régnait. Nous ne nous connaissions pas encore lorsqu’un plateau avec des canapés avec des crevettes a été proposé au groupe que nous formions avec 5 ou 6 autres invités. Une personne qui faisait partie de notre cercle a refusé de prendre un canapé en prétendant d’un air supérieur

« Je suis végan, je ne mange pas d’animaux ni de produits qui proviennent de leur exploitation ! ». J’en étais à me demander s’il n’était pas végan uniquement pour briller en société quand ’Edith s’est inquiétée auprès de notre compagnon « Tu ne veux pas exploiter les animaux donc tu ne manges rien qui puisse provenir d’un animal. Mais tu prends des compléments alimentaires sous forme de gélules car le régime végan ne couvre pas tous les besoins humains. Tu trouves logique de compenser par de la chimie ? ». Le débat entre les 2 a été des plus réjouissants et s’est conclu par le départ précoce de notre nouvel ami après qu’Edith lui ait fait remarquer qu’il portait des chaussures en cuir. Ensuite nous ne sommes plus quittés et nous vivons ensemble depuis 5 ans. On faisait une belle équipe dans les soirées pour mettre le doigt sur les contradictions des convives. C’est peu de temps après notre installation ensemble que l’on a connu Jeanne et Paul.

Jeanne, elle, son sujet c’est la communication. Depuis que la loi dite « anti-fake news » était passée au parlement et au sénat sans aucune protestation d’aucun bord politique elle refusait de croire la moindre information gouvernementale. « Si un Etat s’arroge le droit de dire ce qui est vrai ou faux on peut imaginer le pire. Les organismes qui valident et invalident les informations sont payés par l’Etat, vont-ils mordre la main qui les nourrit ?  De toutes façons la presse est achetée à coups de subventions ». Elle a raison et c’est sans parler du Comité de Validation Ecologique qui est devenu en peu de temps un comité de censure par le biais du Ministère de la Culture.

Jeanne est le genre de personne qui va jusqu’au bout de ses idées. Elle a montré un certain courage lors d’une réunion du conseil municipal ici. En préambule de son intervention, elle a demandé que la presse locale prenne en note sa question au sujet des dépenses prévues dans le cadre du système d’éclairage nocturne par des lampadaires solaires et éoliens.
« Avons-nous les moyens de payer chaque lampadaire prétendu écologique 3 à 4 fois plus cher qu’un lampadaire électrique standard ? Sachant qu’en plus ces lampadaires ne sont pas garantis 100% autonomes et doivent être raccordés au réseau électrique. Ils doivent recevoir une qualité de courant qui va nécessiter des travaux complémentaires » s’était-elle lancée.
Qu’est-ce qu’on se marre quand elle raconte son évacuation par les 2 Gardiens de la Terre qui assistaient aux délibérations. Chaque fois elle rajoute des détails supplémentaires. Lors de son « transport » par les 2 malabars, elle criait aux photographes et journalistes de faire leur métier. Ils ne l’ont pas fait sachant que ce ne serait pas publié. Et bien sûr, pas un mot dans la presse papier ou Internet.

A suivre….

(vers le chapitre III)

Par baichette

Passionné de voyages, photos avec un téléphone et de vente.

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