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Poésie française (4) : Les Passantes

Je veux dédier ce poème
À toutes les femmes qu’on aime
Pendant quelques instants secrets
À celles qu’on connaît à peine
Qu’un destin différent entraîne
Et qu’on ne retrouve jamais

À celle qu’on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s’évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu’on en demeure épanoui

À la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu’on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu’on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré la main

À celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d’un être trop différent,
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D’un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d’un jour déçues
Vous serez dans l’oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu’on se souvienne
Des épisodes du chemin

Mais si l’on a manqué sa vie
On songe avec un peu d’envie
À tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu’on n’osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu’on n’a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l’on n’a pas su retenir

Paroliers : Antoine Pol / Georges Brassens

La version originale du poème d’Antoine Pol se trouve dans les liens. L’histoire est indicative de la marche inéluctable du temps. Le rendez-vous était pris entre Georges Brassens et Antoine Pol mais ce dernier est mort avant la date du rendez-vous. Ici en vidéo à regarder pour sa réalisation par Charlotte Abramow et bien entendu pour la beauté de l’interprétation de Georges Brassens.

A bientôt.

Par baichette

Passionné de voyages, photos avec un téléphone et de vente.

2 réponses sur « Poésie française (4) : Les Passantes »

Ces vies que l’on n’a pas vécues et entrevoit par l’interstice d’un instant, d’un visage, d’un lieu. Ces moments brièvement effleurés laissent pensif comme les reflets d’un autre horizon. A tous les hommes qu’on n’a pas tenus dans ses bras. A celui que je tiendrai demain.

Karine Baichette

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