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Un gang à Monterrey – Mexique

Les hasards de la vente m’ont conduit à Monterrey dans le Nuevo Leon au Mexique. Une ville de plus d’un million d’habitants valait bien que j’investisse un samedi soir et un dimanche pour la visiter. On n’a pas souvent la chance dans sa vie de visiter Monterrey. Les hasards du trafic aérien en ont décidé autrement. Ici lecteur attentif, je vais te prodiguer un conseil de voyage : si tu prévois de partir avec AéroMexico, la compagnie nationale, emmène un livre. On entend souvent à propos de Sabena, feue la compagnie aérienne belge Such A Bad Experience Never Again. Et bien il est probable que les anciens cadres belges aient trouvé un emploi chez AéroMexico. L’organisation est impressionnante d’inefficacité. « Your request can’t be completed. Please try later » est la seule réponse fournie par l’application pour smartphone….

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Comme aux USA, on est superstitieux ici. Pas de 13ème étage
Donc il y a des risques de tremblements de terre

Au lieu des 18 heures de voyage prévues, il m’en aura fallu 37 pour atteindre Monterrey. Mes plans de visite vont être sérieusement raccourcis. L’hôtel étant au centre, je me dirige vers le centre. Le centre est aussi petit qu’inintéressant. Il n’y a que quelques bâtiments de plus qu’on pourrait appeler historiques et ils sont entourés d’immeubles sans âme. Les commerces sont ceux de tous les centres-villes du monde. Petite particularité locale, le magasin de sport est sur 4 niveaux. Les 3 premiers concernent les femmes, les enfants et les hommes. Le dernier étage dans son intégralité est réservé à la religion locale, le foot.

La place de la cathédrale est l’endroit le plus exotique vu à Monterrey. On y trouve des étalages de souvenirs locaux équivalents à ce type de proposition dans tous les pays du monde, aux particularités locales près. Des personnes équipées de sièges de kinésithérapeutes proposent des massages.  De ma visite du centre qui a duré environ une heure, ce sont les seuls souvenirs que je rapporte. De retour à l’hôtel, je m’enquiers de l’existence d’autres lieux à voir. La réceptionniste m’indique qu’il n’y a rien de plus à voir à Monterrey Nuevo Leon. Elle me déconseille d’aller dans les quartiers dangereux qui sont de l’autre côté du pont que l’on voit depuis l’hôtel. Les bandes de dealers règnent en maître et la police ne s’y aventure pratiquement jamais.

Je décide donc d’y aller. Pour « passer incognito » je chausse mes chaussures de jogging, je passe un short et un T-shirt (il faisait 22°C le 18 février).  Quoi de plus innocent qu’un jogger et quel bon déguisement pour passer inaperçu dans un quartier tenu par des trafiquants de drogue. C’est du moins ce que j’avais pensé.

Je me lance donc et tout de suite après le pont, c’est plus sale, pauvre que de l’autre côté. Les rues sont en très mauvais état, les maisons sont toutes munies de grilles, il y a des épaves de voitures sur le trottoir. Les rares maisons que j’ai vues ouvertes sont composées d’une pièce unique. Ensuite ça monte assez sévèrement. Je continue à prendre des photos tout en me réjouissant de ma bonne idée pour opérer discrètement en tant que jogger.

A la sortie d’un virage, un groupe de 10 à 12 jeunes hommes âgés de 18 à 25 ans me stoppe. Ils sont tous très bien habillés, bien coiffés et équipés de pochettes Louis Vuitton ou Gucci, de lunettes Ray-ban…etc. Donc ils me stoppent et je m’arrête. Ils me parlent en espagnol, et pour temporiser et me faire une idée du danger de la situation, je réponds en allemand. M’entendant un des types dit à celui qui parait être le chef « es un inglès », et du peu dont je dispose de la langue de Cervantes je comprends qu’ils me prennent pour un « rat » qui prend des photos pour les donner à la police. Le chef me montre la crosse d’un pistolet sous sa chemise. Il me demande mon téléphone. Après une courte discussion il me dit qu’ils veulent voir ce que j’ai photographié et supprimer les images qui ne leur conviennent pas. Il a supprimé toutes celles où l’on voyait des gens, des voitures et certaines maisons. Me rendant mon téléphone, il me recommande de NE PAS prendre de photos dans ce quartier.

Il a désigné un des types et lui a demandé de courir avec moi jusqu’à que je sorte du quartier. Ce qu’il a fait. Mon nouveau partenaire de course n’était ni chaussé ni habillé pour cette activité, mais s’est exécuté et m’a raccompagné jusqu’au pont. Alors je suis rentré à l’hôtel. 

Par baichette

Passionné de voyages, photos avec un téléphone et de vente.

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