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Mumbai : premier jour

Mumbai Grand Hyatt – Conférence ElitePlus “Global Summit on Speciality Films and Flexible Packaging”

Mon intervention n’aura pas lieu. Nos partenaires indiens ont « oublié » de remplir le formulaire approprié dans les délais. L’information est connue depuis un mois mais ils ont aussi « oublié » de me prévenir. Je l’ai donc appris ce matin en lisant la liste des interventions et en voyant que mon nom manquait, lorsque j’ai demandé aux 2 indiens ici présents, j’ai bien senti un instant de gêne, mais à l’asiatique : ne jamais s’avouer coupable. Encore un challenge pour ma patience. Cela dit je l’ai un peu en travers et la leçon est bien retenue : on peut leur faire confiance mais il faut tout contrôler… sinon ils « oublient ». Je suis d’autant plus déçu que jusqu’à présent les présentations ne sont pas très palpitantes et j’aurais pu faire une bonne publicité.

Dans la conférence il y a 920 personnes. Les couleurs sont au « bon » gout indien avec un camaïeu de violets et de pourpres du tonnerre. Cela dit 920 décideurs… Chapeau. Ce genre d’évènement est considéré un succès en Europe quand on atteint les 200/250 participants. Les discours de lancements étaient plutôt lénifiants, mais c’est souvent le cas dans ces conférences : remerciements, congratulations, autocongratulation etc… Ensuite il y a eu la cérémonie des lumières (on est en Inde !) à laquelle on nous a demandé de participer avec nos téléphones portables (on est au 21ème siècle !). Avant que nous puissions participer une dame a détaillé avec force captures d’écrans le moyen d’allumer la lampe de poche sur nos téléphones. On a eu droit à un comparatif détaillé entre IPhone, Samsung, LG, Sony, HTC et quelques autres sur comment allumer sa torche sur son smartphone. Certains modèles nécessitent pas mal de manipulations qui ne sont pas très « user friendly » si tu te retrouves en panique dans le noir… Donc la cérémonie commença par une danse avec une femme et 2 hommes. Très gracieux et j’ai pu admirer de nombreuse versions de « tripitaka » (je ne sais pas ce que donne le pluriel de tripitaka en indien – tu me pardonneras donc cette faute potentielle). Après 10 minutes de mouvements somme toute très répétitifs, la grâce lasse… A l’issue de cette longue danse on a fait le noir et on nous a demandé d’allumer les smartphones et de diriger la lumière vers le ciel (en l’occurrence le plafond – et il est mieux d’en avoir un il pleut comme vache sacrée qui pisse). J’imagine qu’au moins l’un des 3 millions de Dieux adorés ici aura remarqué les lumières puisque jusqu’à présent tout se passe bien. Les 2 speakers japonais qui sont passés sont ceux qui m’ont le plus fasciné : difficiles à suivre (ils parlent anglais comme des caricatures de japonais quand on se moque des japonais !) et font beaucoup de changements d’intonations et s’enthousiasment pour ce qu’ils présentent. Leurs PowerPoints (au fait sais-tu comment s’appelle cette écriture telle le PowerPoint avec des majuscules dans les mots essentiellement employés comme noms commerciaux ? Le « camel writting » puisque les mots font des bosses – amusant non ? Information les Dico d’Or sur la Première) sont kitsch à souhait. L’organisation ne parle pas de PowerPoint ici bien que ce soit présenté depuis des PC équipés en Microsoft. Ils parlent de KeyNotes (équivalent de PowwerPoint en système d’exploitation Apple) j’imagine que c’est plus tendance et que ça fait plus technologique.

Parmi les choses amusantes ici, il y a le fait que je sois le plus grand ! (pour être honnête il conviendrait de dire parmi les plus grands). Les indiens me repèrent facilement et viennent me parler. Ça compense la prise de parole manquée, bien que si j’avais parlé je doute qu’ils aient tous grandi subitement. Je veux bien admettre que je peux tenir une audience, mais de là à les faire grandir il y a un pas que je ne franchirai pas. Il faut connaître ses limites dit-on ! Du coup je vois le haut des gens et manifestement les indiens chauves vivent mal leur calvitie plus ou moins naissante. Il y a ceux qui compensent avec la raie au-dessus d’une oreille et quelques mèches qui dissimulent tant bien que mal (souvent plutôt mal) la « chauvitude » plus ou moins avancée. Et puis il y a les postiches. Là, ce n’est pas la qualité totale, on a plutôt des coiffures PlayMobil avec une chevelure qui a l’air amidonnée. Si on associe ça avec une veste en textile synthétique à reflets variables par rapport à la lumière ça donne des looks très particuliers. Mais ne vas pas croire que je me moque, c’est juste le décalage entre l’Europe et l’Inde qui ne me lasse pas.

L’hôtel est plutôt pas mal. Comme ils peuvent accueillir des conférences de 920 personnes (pour donner une idée je pense que la salle est au moins aussi grande qu’un gymnase – hauteur de plafond facilement 10m), ils doivent avoir un nombre de chambre à cette échelle. Le niveau où je suis sera rénové à partir de janvier pour recevoir les dernières innovations techniques et de confort. Parallèlement à un jet de pierre d’ici, il y a des bidonvilles (slums). Le soir l’hôtel est gardé par des types qui promènent de gros chiens qui ont au moins l’air féroce (quand j’ai écrit « féroce » je pensais aux chiens, mais les types aussi n’avaient pas l’air commode). Dans quel monde vivons-nous ? Sommes-nous si près d’un danger si grand qu’on ait besoin de vigiles et de chiens ? Ou est-ce l’illusion de la sécurité ? Une sécurité « marketing ». Il y a toujours quelqu’un qui t’ouvre une porte, qui t’appuie sur le bouton de l’ascenseur… Lorsque je suis allé aux toilettes les plus proches de notre salle, il y avait une personne qui me suivait partout (stressant quand même). Qui m’attendait à la porte des toilettes (dehors je précise, je ne l’aurais pas laissé entrer), je suis certain qu’il y a des gens qui lui laissent tirer la chasse (terme un peu dépassé puisque depuis des années on ne tire plus les chasses mais on les pousse). Quand je me suis lavé les mains, il m’a tendu une serviette… C’est embarrassant je trouve cet aspect des hôtels de luxe dans les pays pauvres. D’un autre côté il a un emploi…

La conférence s’est terminée pour son premier jour avec un tirage au sort interminable pour gagner des téléphones d’il y a 3 ans ou un vol retour (donc sans le vol aller…) pour revenir de Düsseldorf où se tient en octobre K (pour Kunststoff je présume). Le gagnant de ce prix n’avait pas prévu d’aller à cette foire et paraissait plutôt ennuyé qu’autre chose de son prix.

Gaurang notre ancien partenaire était là et très déçu de ne pas avoir gagné. Il était tout frétillant de me voir et de m’annoncer qu’il venait de quitter sa société pour cause de désaccord avec la direction et qu’il venait de créer sa société pour vendre des machines. On papote et il me raconte combien ça été compliqué pour lui de déposer ses statuts de société et que l’administration indienne est un casse-tête inimaginable. Il m’explique qu’il a fait créer un logo et que ça lui a pris un temps fou (mais qu’est-ce qui ne lui prend pas un temps fou ?). A ce moment de la discussion d’autres indiens se joignent à nous et je demande à Gaurang « au fait comment s’appelle ta société ». Il me répond en me donnant une carte de visite fraichement imprimée où je lis SAEPAK. Il s’est un peu rembruni lorsque je lui ai demandé « PAK à la fin pour quoi pas plutôt PACK ? Est-ce que les gens ne vont pas croire que tu viens du Pakistan… Ce n’est pas gagné pour vendre en inde avec une image de pakistanais non ? ». Ce qui était une question posée sans malice de ma part a fait se plier de rire les autres… Manifestement il n’avait pas pensé à cet aspect des choses. Je crois beaucoup à ce que j’appelle l’œil du couillon. Ce sont toujours les gens les moins impliqués qui vont t’éviter la grossière erreur. Quand tu es le nez dans le guidon tu ne vois pas/plus les détails.

J’arrête là.

Par baichette

Passionné de voyages, photos avec un téléphone et de vente.

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