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Juste une brique…

Vendu en double-vinyle 33 tours dans une pochette dépliable l’onzième opus des Pink Floyd est le double album le plus vendu au monde. Le graphisme de la pochette puis celui du film qui a suivi en 1982 sont parmi les éléments fondateurs de la culture pop.

Géantissime succès que celui du titre des Pink-Floyd « Another brick in the wall – Part 2», d’ailleurs je t’invite sans plus tarder à déguster l’intégralité des 6 minutes de la vidéo : ICI. Et ça marche exactement depuis le 30 novembre 1979… Un des tubes mondiaux dont tout le monde a retenu le titre. Ce succès est une brique de l’album « The Wall ». Vendu en double-vinyle 33 tours dans une pochette dépliable l’onzième opus des Pink Floyd est le double album le plus vendu au monde. Le graphisme de la pochette puis celui du film qui a suivi en 1982 sont parmi les éléments fondateurs de la culture pop. Le concert de Berlin en 1990 pour commémorer la chute du mur bat tous les records avec plus de 450’000 spectateurs.

Album mythique, the Wall, a été enfanté dans l’urgence et la douleur. Le groupe est ruiné, leur précédent manager les a arnaqués de plus de 2 millions £. Leur dernière tournée « In the Flesh » qui suit la sortie de l’album « Animals » ne s’est pas très bien passée. Roger Waters a craché sur le public… plus ou moins parce qu’il faisait trop de bruit lors du dernier concert de la tournée. Les fondateurs du groupe Syd Barett, Nick Mason, Roger Waters, Richard Wright et David Gilmour ne sont plus d’accord sur grand-chose. C’est cependant Roger Waters qui propose le concept de The Wall. Ses acolytes se sont copieusement moqués de ses névroses et ça n’a pas dû aider beaucoup pour développer une ambiance de création harmonieuse en groupe. Il poursuit son idée dans l’adversité : le premier concept multimédia était né. D’abord un album qui raconte une histoire, ensuite une pièce de théâtre qui deviendra le premier opéra rock de l’histoire puis un film. Roger Waters tire le projet quasiment tout seul et il signe la plupart des 26 morceaux du double album.

25 juillet 1991 « East-Side-Galery », situé entre les ponts Jannowitz et Oberbaum Vestiges du mur de Berlin, qui ont été peints du côté est par des artistes principalement est-allemands après l’ouverture.

Bon courage pour déterminer dans l’album ou dans le film ce qui est du domaine du passé, du présent ou du futur. L’ambiguité ouvre des portes à des interprétations multiples. Une chose est certaine Roger Waters en exposant ses murs internes te fait réfléchir sur tes propres barrières, limites ou murs. Il te montre crûment la plongée de Pink dans la drogue et ses effets pervers. Les phases de manque et leur laideur sont dépeintes avec la même autenticité que les phases plus … high. Délicat également de distinguer ce qui est vécu et ce qui est du domaine de l’imaginaire.

Rien qu’avec « Another Brick in the Wall – Part 1 » – A écouter et voir ICI. Roger Waters t’entraîne dans la lourdeur de son enfance. Un texte de 7 vers seulement lui suffit pour décrire l’absence d’un père tué durant la 2ème Guerre Mondiale et dont il aucun souvenir. Il est uniquement présent sur quelques clichés dans l’album familial. Et son cri avant la première mention du Mur : « Papa, qu’est-ce que tu as laissé ici pour moi ? » Si cette absence est une brique du mur, alors chaque chose est une des briques du mur. On voit bien que c’est déjà difficile pour Pink et l’ensemble ne nage pas dans l’optimisme le plus rieur.

Le disque Vinyle – c’était classe. tout de même.

Il n’y a qu’un morceau entre ce premier et le deuxième Another Brick. Disque de platine dans 2 pays (> 1’000″000 de ventes – USA & GB) et classé N°1 dans 18 des 26 charts existant en Europe, Amérique et Océanie. Dans la continuité du morceau précédent l’ambiance est à l’autoritarisme. « The Happiest Days of our Lives » s’ouvre sur un bruit d’hélicoptère et d’ordres qui ne laissent pas trop d’autres choix que celui de l’obéissance. Il se termine sur le hurlement poussé par Roger Waters lui même. Il n’en était pas à son coup d’essai car il criait déjà ainsi dans « Careful with that Axe, Eugene » . Entre les 2 les mauvais traitements infligés aux enfants par les professeurs britaniques. L’humiliation de Pink qui écrit des poèmes illustre le thème. A noter, le poème lu par le professeur est un extrait de la 6ème chanson de l’album « Dark Side of the Moon« : Money. The Happiest… est l’introduction idéale de « AnotherBrick in the Wall – Part 2« . La vidéo en lien en début d’article comprend les 2 consécutivement.

En un hurlement on passe d’une situation d’humiliation et d’obéissance à des règles aussi rigides qu’excessives à la révolte. Part 2. c’est la pression qui sort. Le système d’enseignement dans la Grande Bretagne des années 1950 est la cible directe. Le tempo disco est une grande première pour les Pink Floyd. Leur réputation était de faire de la musique à écouter et pas de la musique pour danser. Bob Erzin leur producteur leur a dégoté une chorale de 23 enfants. Pas simple à trouver dans l’enseignement d’outre-Manche particulièrement pour des paroles qui peuvent facilement être jugées subversives. Des enfants machent au pas dans les couloirs de l’école puis dans une sorte de machine où ils sont uniformisés. Tu noteras qu’il est déjà question de masques qui participent à la dépersonnalisation. Pour augmenter l’impression de taille de la chorale, il y a une superposition de 12 enregistrements différents de chanson du choeur. En fin de parcours dans la machine, les enfants sont transformés en viande hachée. Ce qui n’a pas manqué de provoquer quelques polémiques dans bonne société britannique. Enfin la chanson a été officiellement interdite le 2 mai 1980 par le gouvernement Sud-Africain d’alors. Il faut dire que des groupes d’étudiants noirs commençaient à l’entonner en signe de révolte.

La 3ème partie « Another Brick in the Wall – Part 3. » (ICI)se situe plus loin dans l’histoire de Pink. C’est l’avant dernière chanson du premier 33 tours. Contrairement aux 2 premières parties le tempo est ici celui du hard-rock. Pink a pratiquement complété son mur et s’enferme dans sa solitude. Il énumère tout ce dont il n’a plus besoin et le détruit dans une explosion de violence. Poursuivie par « Goodbye cruel world » l’humeur est plus au désespoir qu’autre chose.

Roger Waters – 26.06.2006

Et il y aurait autant à dire sur les 21 autres morceaux de cet album. En 1985 Roger Waters quitte les Pink Floyd. Il entame une carrière solo qui connait des hauts et des bas. En concert il interprête les succès des 4 principaux albums du groupe : Dark Side of the Moon, Wish you where here, Animals et The Wall. Sa tournée « The Wall Live » en 2010-2013 a marqué l’histoire du rock en devenant la tournée la plus rentable pour un artiste solo. Tu peux aussi lire ce que j’écrivais sur « Wish you were here » il y a quelques années

Par baichette

Passionné de voyages, photos avec un téléphone et de vente.

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